Caroline Thill, architecte associée de Jim Clemes Associates, a toujours su qu’une fois entrée dans la sphère artistique, elle n’en sortirait jamais. Rencontre.
Son talent, elle le doit au regard exigeant qu’elle porte naturellement sur ce qu’elle voit, telle une évidence. Artiste en herbe, elle entreprend un baccalauréat artistique avant d'intégrer une école préparatoire aux écoles d’art où elle forge sa rigueur, sa discipline et sa méthodologie nécessaires au fondement et au développement de tout projet. Un apprentissageriche lui permettant de rejoindre l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris. Depuis lors, elle ne doute plus. Elle sait pértinemment que c'est dans la sphère de la conception et la concrétisation de projets architecturaux, qu'elle évoluera et s’épanouira.
La concrétisation d’un projet
Des professeurs inspirants et des rencontres avec des professionnels expérimentés dont Jim Clemes, participeront aux réflexions architecturales de l’architecte ; autant de chemins croisés qui s’ajoutant à la diversité culturelle de ses origines grecques et luxembourgeoises influencent la créativité quotidienne de Caroline Thill.
Elle cultive une orientation esthétique curieuse et ouverte. Bercée tant par le classicisme que par le contemporain, ce qu’elle aime, c’est user d’une méthodologie pour fondre l’inspiration dans la contrainte ; une sculpture fonctionnelle. Se démarquant par un idéal d’ordre et de raison, elle est à la recherche d’un équilibre de l’espace architectural se résumant à son intemporalité. « A l’époque, les lieux de cultes symboliques construits pour et par rapport à un lieu fondaient les codes que nous retrouvons aujourd’hui » évoque l’architecte. Dépasser les phénomènes statiques, imposer une certaine grandeur, du beau entraînant une émotion théâtrale, telle est l’ambition d’hier et d’aujourd’hui.
L’ascension des femmes architectes à l’après-guerre
S’il lui eut fallu être architecte à une période autre que la sienne, ce serait sans aucun doute durant l’après-guerre. Une partie de l’histoire extrêmement riche intellectuellement et propice à l’arrivée des femmes dans l’architecture. Caroline cite avec plaisir Charlotte Perriand, l’une des rares femmes à se faire un nom dans le domaine de l’architecture à cette époque. Dans une optique de stimulation de la réflexion et création architecturale dans l’urgence de la reconstruction de logements et d’équipements publics, « les pouvoirs publics donnaient beaucoup de liberté aux architectes pour développer des nouveaux concepts après-guerre. Dans une démarche presque scientifique pour certains, philosophique aussi,nombre d’architectes concevaient des architectures audacieuses ». C’est dans cette lignée que Caroline cherche à marier l’audace et la fonctionnalité nécessaire à la pérennité d’un ouvrage.